Cela n’a rien d’étonnant, pour qui s’est intéressé au commerce chez les Scandinaves; la fourrure est très certainement dans le haut du panier des denrées échangées pendant l’ère Scandinave. Mais alors, pourquoi tout ce bruit ?
Commerçants ou clients?
Pour la première fois, des chercheurs de l’Université de Copenhague ont trouvé des preuves irréfutables de la participation du Danemark au commerce international des fourrures à l’époque viking.
« Il est logique qu’il existe une compréhension commune de l’apparence que l’on doit avoir lorsque l’on fait partie de l’élite de la société. Si vous voulez pouvoir négocier et apparaître comme en faisant partie, il est important que vous soyez pris au sérieux. La même chose est vraie aujourd’hui. »
Luise Ørsted Brandt, Globe Institute, Université de Copenhague
L’une des sources qui décrit la fourrure comme un symbole de statut social est un voyageur, géographe et historien arabe nommé al-Mas’ūdī de Bagdad. En 943, il écrivait :« Les fourrures noires sont portées par les rois arabes et non arabes (…) Ils en font des chapeaux, des caftans et des manteaux de fourrure. Il n’y a pas de roi qui ne possède un manteau de fourrure ou un caftan doublé de fourrure de renard noir des Burtās ».
Mais, qu’en est-il en Scandinavie? Grâce à une étude récente, on peut affirmer qu’à l’époque viking, l’un des symboles les plus importants de haut statut était la fourrure, comme dans le reste du monde occidental.


Cela a été corroboré par une nouvelle étude de l’Université de Copenhague portant sur six tombes de l’ère viking. Celles-ci confirment que les Vikings danois importaient de la fourrure de l’étranger.
« Pour la première fois, nous disposons de preuves irréfutables que la fourrure a été importée au Danemark à l’époque viking. Les sources écrites disent que la fourrure était vendue aux pays arabes, mais maintenant, grâce à une méthode basée sur les protéines qui permet d’identifier les espèces, nous avons trouvé six exemples de fourrure de castor dans des tombes danoises de Vikings de haut rang .Comme nous savons que le castor n’était pas présent au Danemark à l’époque viking, la fourrure devait être importée. On ne peut pas dire exactement d’où elle venait. Peut-être du nord de la Suède, peut-être de la Russie. », explique la professeure agrégée Luise Ørsted Brandt du GLOBE Institute de l’Université de Copenhague.
Six tombes Danoises
Les six tombes examinées par les chercheurs se trouvent à différents endroits du Danemark et ont été découvertes entre 1861 et 1955. Il y a trois tombes de femmes, une tombe avec une personne de sexe inconnu et deux tombes d’hommes. Dans les six tombes, divers restes de fourrure ont été trouvés et, grâce aux analyses de protéines, les chercheurs ont identifié des fourrures de castor, de mouton, d’écureuil ainsi que de martre.


«Les restes de fourrure sur lesquels nous avons prélevé des échantillons proviennent sans aucun doute de costumes composés de plusieurs types différents de fourrure et de peau sans poils», explique Luise Ørsted Brandt.
Dans une tombe à Hvilehøj, les chercheurs ont trouvé des restes de vêtements et de chaussures de femme, composés de peau et de fourrure provenant d’au moins six espèces animales différentes. « Les peaux de bétail ont été utilisées pour la fabrication de vêtements et de chaussures, mais aussi pour des accessoires tels que des sacs à main et des ceintures, ainsi que pour la décoration intérieure. La fourrure d’animaux sauvages semble avoir été utilisée uniquement sur le costume là où elle était visible. Une fourrure de castor, par exemple, a sans doute été placée au centre pour que vous puissiez la voir. C’est donc un symbole de prospérité », déclare Luise Ørsted Brandt.
« Conclusion »
La fourrure de castor est composée d’un sous poil laineux et de longs poils hydrophobes, et brillants, d’un aspect complètement différent de la fourrure d’écureuil et de martre, disponibles au Danemark à l’époque viking. Cela donne un manteau à l’aspect chatoyant, chaud et épais, complètement différent des fourrures locales.
L’utilisation d’une telle fourrure, à l’époque, aurait automatiquement désigné le manteau comme un produit de luxe importé, rehaussant un peu plus le prestige de celui/celle qui le portait.
Vous pouvez lire l’intégralité de l’étude « La paléoprotéomique identifie la fourrure de castor dans les sépultures danoises de haut rang de l’ère viking – preuve directe du commerce des fourrures » dans PLOS ONE ou l’article source de ce post sur Fashioning the Viking Age.


