Un coffre Viking

Reconstitution d’un coffre Viking de Birka

Tiré de Birka I. Die Gräber. Text,
 par Holger Arbman, 1943, page 12/13
https://archive.org/details/BirkaIText

Contexte

Naissance et apogée

Connue comme la première « ville » Viking de Suède, Birka se situait sur l’île de Björkö et était située au milieu d’une baie de la Baltique.
Fondée au milieu du VIIIe siècle, la ville était un haut-lieu pour le commerce. Les maisons n’étaient pas très grandes (8m x 5m) mais parmi elles on comptait de nombreux ateliers. A son apogée on estime la population de la ville à 900 habitants; ça paraît peu mais il faut garder à l’esprit que pour la société rurale médiévale de cette époque c’est déjà beaucoup!!
Birka était entourée de terrains avec des tombes. La plus grande de ces plaines, Hemlanden, contient 1600 tombes dont un tiers a fait l’objet de fouilles. Les morts étaient enterrés avec leurs biens ce qui a fourni, aux archéologues, de très nombreuses pièces de mobilier.

Elle a connu sa période la plus faste entre 800 et 950 environ, grâce à son port. En effet elle assure le lien en mer Baltique avec la route commerciale qui va en direction de l’Empire byzantin et le Califat abbasside et les différents Empires d’Occident( Francs et Anglais).

Les habitants de Birka vendent non seulement de l’ambre que l’on trouve en abondance dans le lac Mälar, mais aussi des fourrures et des bois de cervidés, ainsi que du fer du Bergslagen. Les importations – ou le produit des pillages – consistent essentiellement en monnaies d’argent, perles et récipients en verre, soieries, épices et poteries.

Déclin de Birka

Birka est abandonnée durant la deuxième moitié du Xe siècle. Sur la base des monnaies retrouvées, le village semble avoir été complètement abandonné vers 960, et ce alors même que le nombre record de pièces retrouvées dans les tombes date de la période allant de 900 à 950, laissant supposer un déclin rapide de la ville.

Les raisons du déclin de Birka font l’objet de débats. Un facteur pourrait avoir été le rebond post-glaciaire qui, en abaissant le niveau des eaux du lac et en le faisant passer d’un bras de mer à un simple lac, aurait privé Birka de son accès direct à la mer Baltique. Un autre facteur serait l’avènement, à peu près à la même époque, de l’établissement voisin de Sigtuna. Celui-ci supplante Birka comme centre commercial principal dans la région du lac Mälar grâce au soutien du pouvoir royal qui y fait battre monnaie.

Texte et images tirés de Birka I. Die Gräber. Text, et Birka I. Die Gräber. Tafeln, par Holger ARBMAN, 1943.

Sources textuelles

TOMBE 639. Tombe à squelette, fig. 174. […] Une grande chambre en bois, orientée O. +4° N.-0. +4° S., aménagée uniquement dans la couche arable, 0,6 m de profondeur au N. et 0,75 m au S.[…] deux coffrets (174 : 10), voir plan spécial, fig. 175.
Le plus grand coffre, planche 259, longueur 46 cm, largeur 20 cm, hauteur 17 cm, est reconstituée d’après le plan. Elle présente des garnitures en tôle de bronze, également le long du bord intérieur, toutes avec des lignes doubles le long des bords, largeur des garnitures 2,5-3 cm, épaisseur 0,1 cm, les clous en fer avec boutons ronds en bronze, diam. o.8 cm, sont décorés d’un cercle. Sur le dessous de la boîte, à environ 3 cm des côtés étroits, se trouvait une ferrure en fer de 1,2 cm de large ; seuls quelques fragments ont été conservés. Les 5 charnières sont formées d’un œillet en fer dans lequel s’engage un crochet en bronze dans le prolongement direct des larges ferrures du couvercle voir planche 259 : 1.c . La plaque de serrure en bronze, 25,8 x 5,6 cm, présente un décor de lignes doubles sur les bords du devant, deux trous verticaux allongés pour les crampons de verrouillage aux extrémités et un trou de serrure en forme de T entre les deux[…]

La boîte n’était pas verrouillée lorsqu’elle a été placée dans la tombe. Les crampons de verrouillage rouillés, voir planche 260: 1a à 2b, sont probablement formés de tiges de fer doublement courbées, terminées par des têtes d’animaux stylisées en bronze. Une poignée en bronze, voir planche 259 : 2, longueur 9,2 cm, largeur 1,1 cm, est fixée au milieu du couvercle par des crampons en bronze, décorés de rangées de demi-cercles estampés et de têtes d’animaux aux extrémités recourbées vers le haut. […]Le coffret comprend une clé, voir planche 260 : 3, seul le manche en bronze est conservé, il est ajouré d’animaux prédateurs carolingiens.

Reconstruction

Dans les textes source ainsi que sur le site du musée national il n’est, malheureusement pas fait mention du bois utilisé à l’origine. Nous avons donc arbitrairement choisi du bois de chêne pour l’ossature du coffre. L’assemblage des différentes planches est à mi-bois chevillé/collé. La serrure en métal est recouverte d’une feuille de laiton, et son mécanisme à ressort est archéo-compatible. Les bandes décoratives ont été faites en laiton, poinçonnées à la main. L’intérieur est entièrement doublé en lin.